The Reds, Pinks & Purples – Uncommon Weather

Quelques mois après la sortie du réussi et salué You Might Be Happy Someday, le californien Glenn Donaldson revient nous enchanter avec le 3ème album de son projet The Reds, Pinks & Purples, 13 chansons de pop pure, simples et attachantes.

Sortie le 9 avril 2021.

Parmi les multiples vies artistiques de Glenn Donaldson (Art Museums, Skygreen Leopards et plus récemment Painted Shrines, duo formé avec Jeremy Earl de Woods et dont le 1er album est sorti le 5 mars dernier), The Reds, Pinks & Purples est son projet le plus personnel.

Uncommon Weather suit de près You Might Be Happy Someday, un mini-album 8 titres sorti à l’automne 2020. Ceux qui seraient restés sur leur faim en raison de sa courte durée seront ravis de la longueur et de la teneur de ce 3ème album. Il vient confirmer le talent du prolifique Donaldson et une personnalité un peu à part dans le paysage de l’indie pop anglophone. On y retrouve la recette qui fait le charme immédiat de ses chansons et que l’on pourrait résumer par cette formule : simplicité des mélodies, légèreté des arrangements. Enregistré et réalisé essentiellement seul, ce disque comme les deux précédents s’inscrit dans un esprit « DIY ». Une pop pure, à peine réhaussée de boîtes à rythme et d’effets de réverb.

Si Glenn Donaldson réside depuis longtemps à San Francisco, sa musique est résolument tournée vers la pop anglaise, celle des années 80, enrichie d’une touche côté ouest américaine, légère et mélancolique comme le voile brumeux qui recouvre parfois la ville. Rien d’étonnant à ce qu’il se retrouve sur le catalogue d’un label basé à Londres, Tough Love Records (Toy, The Stroppies).

La pop douce-amère de Uncommon Weather, à la fois désenchantée et réconfortante, évoque des pourvoyeurs de « pop dépressive » comme East River Pipe. Mais il n’aura pas échappé aux oreilles attentives qu’elle célèbre surtout la magie de la maison Sarah Records, les guitares célestes de groupes comme The Sweetest Ache ou The Field Mice. On pense aussi à The Cure (Pictures of the world) et aux Smiths (Uncommon Weather). Le californien n’est pas si fâché que ça avec la new-wave même s’il chantait « I’m Worried About the New Wave » sur son 1er album, Anxiety Art. La réverb dans la voix rappelle celle de Daniel Treacy de Television Personalities, un des points de repère importants de Glenn Donaldson, à qui il a emprunté également l’utilisation des boîtes à rythme et de l’écho.

La voix expressive de Glenn Donaldson avec son timbre légèrement voilé se fait parfois plus fragile et semble au bord de la rupture sur la bouleversante Sing Red Roses For Me. Elle sert des textes souvent écrits à la 2° personne du singulier qui sonnent comme des conseils à l’autre ou peut-être des confessions faites à lui-même ?

Les 13 perles de Uncommon Weather dessinent un portrait en trompe l’œil, comme un écho musical aux pochettes des disques de The Reds, Pinks & Purples, ornées des couleurs gaies et pastels des maisons du quartier de Richmond mais qui jouxtent des rues tristement désertées à l’ombre desquelles on devine un mal-être.

Ce disque a la force de ceux – et ils sont rares et précieux – qui forment un univers à eux seuls. Il tape dans le mille sans déployer une artillerie lourde, nous touche en plein cœur tant le propos semble personnel, singulier et intime. Un disque fort attachant dont je pressens déjà qu’il comptera parmi mes préférés de l’année et m’accompagnera longtemps.

Tough Love Records / Differ-Ant

Crédit photo : DR

Discographie :

Uncommon Weather (2021)
You Might Be Happy Someday (2020)
Anxiety Art (2019)

Pour écouter l’album :

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