Smokescreens – A Strange Dream

Avec leur troisième album produit par David Kilgour de The Clean, les californiens de Smokescreens s’inscrivent dans le sillage de la grande famille de l’indie pop classique.

Smokescreens a été fondé par deux amis réunis autour de leur amour commun pour le Flying Nun, le label Néo-Zélandais à l’origine du courant dit du « Dunedin sound » dans les années 80, et signataire de groupes comme The Chills, The Clean, The Bats, Chris Knox etc. En 2017, ils ont enregistré leur premier album en mono, dans une usine désaffectée. Des débuts marqués par un esprit DIY et une économie de moyens qui ont engendré un son sans fioriture et une énergie post-punk non sans rappeler The Television.

A peine un an plus tard, ils ont enchaîné avec Used To Yesterday et se sont octroyé les soins du producteur Kyle Mullarky (The Allah-lahs). Ce dernier a mis en exergue leur sens mélodique et la rythmique de leurs chansons. On y retrouve encore leurs influences essentielles, du Velvet Underground à The Clean en passant par les Go-Betweens.

Avec A Strange Dream sorti en Octobre dernier, le son de Smokescreens a gagné en profondeur. Cette fois, c’est David Kilgour, un des fondateurs de The Clean qui est venu de Nouvelle-Zélande pour produire leur disque, les entraînant vers des mélodies plus cristallines, dont la teneur est également montée d’un cran. David Kilgour est aussi l’auteur de la peinture illustrant la pochette du disque. Le travail réalisé par le duo Kilgour-Mullarky inscrit les californiens dans les ornières de l’indie pop classique. Rien d’étonnant à ce que le disque ait atterrit sur le label Slumberland (Stereolab, The Proper Ornaments…).

La jangle pop de Smokescreens affiche une apparence désinvolte qui ne doit pas tromper. Loin d’être minimaliste, elle s’articule autour d’une guitare centrale, souvent galopante. Elle combine de façon ingénieuse des éléments disparates de l’héritage pop de plusieurs décennies et de plusieurs régions. Ainsi, la sautillante Fork In The Road incarne la rencontre entre la Nouvelle-Zélande des Bats et l’Australie des Go-Betweens (l’intro n’est-elle pas un clin d’œil à Spring Rain ?).

Le groupe s’autorise un trait d’humour en reprenant à la manière de Television Pick The Cats Eyes Out de Scrotum Poles, un groupe punk écossais. I Love Only You nous berce avec sa rythmique typique du Velvet Underground. L’album se conclut par cette jolie ballade douce-amère qui nous offre l’esprit subversif de New-York réchauffé par le soleil de Los Angeles.
Gageons que leur côté prolifique et leur capacité à bien s’entourer ouvrent bientôt à Smokescreens la voie vers une plus grande audience.

Crédit Photo : DR

Discographie :

A Strange Dream (2020 – Slumberland Records)

Used to Yesterday (2018 – Slumberland Records)

Smokescreens (2017 – Parked In Hell)

Pour écouter l’album :

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