Jack Name – Magic Touch

Jack Name – Magic Touch

Fier de vous présenter Magic Touch, le troisième album de Jack Name. Après cinq années de gestation, l’américain signe un disque touchant et intimiste.

Issu de la scène underground de Los Angeles, Jack Name a travaillé sur des enregistrements de Cass McCombs, a collaboré avec Ariel Pink et fait partie du groupe White Fence. L’artiste a sorti deux albums en solo, Light Show (2014) et Weird Moons (2015) des disques denses, bouillonnant d’idées complètement délirantes à l’univers délicieusement psychédélique. Les voix sont trafiquées, les guitares débridées sur des collages sonores digne des bricolages lo-fi d’Ariel Pink du début ! Running From Ganymède ou Pure Terror sont les titres les plus attrayants de cette période. Les deux premiers opus de Jack Name ressemblent au travail d’un apprenti sorcier qui aurait mélangé Syd Barrett, Marc Bolan et Brian Eno !

Sur Magic Touch, il en va tout autrement, puisque le compositeur a décidé de redescendre sur terre et de ne plus se cacher derrière les bidouillages sonores du passé pour créer un disque qui va droit à l’essentiel, sans le moindre artifice. Enregistré quasi intégralement dans l’appartement de Jack Name à Hollywood sur un 24 pistes, la production s’en ressent de suite car l’ensemble, épuré et minimaliste, un beau témoignage sur l’humeur de son auteur. Même si l’instrumentation parait parfois clairsemée, c’est pour se rapprocher de thèmes qui lui sont chers comme les relations humaines, l’amour, la solitude, bref ce besoin de connexion entre les gens. Une sorte de fil conducteur presque palpable tout du long de Magic Touch !

Jack Name n’est pas un chanteur aux prouesses vocales hors du commun mais il se sert de ses faiblesses pour donner un charme personnel à ses chansons. Sensation étrange dès le début du disque puisque sur Karolina, on sent qu’il va puiser sa voix très loin, qu’elle a du mal à sortir intacte, ce qui donne tout de suite cette fragilité particulière.

Les grandes influences de Jack Name sur Magic Touch se nichent quelque part entre Kevin Ayers, Serge Gainsbourg et Tim Hardin pour le coté folk. Having A Good Time ressemble ainsi étrangement à If I Were A Carpenter de ce dernier. Jack nous offre également cette très belle adaptation de Je Suis Venu Te Dire Que Je M’en Vais de Serge, s’intitulant en anglais I Came To Tell You In Plain English (I’m Leaving You). Il réussit à se réapproprier la chanson avec sa tonalité plus grave tout en gardant la nostalgie.

Sacred Place s’affiche comme le single (de l’année peut être !) extrait de l’album avec une vidéo un peu étrange réalisée par Salvador Cresta, cet endroit sacré où l’on peut sentir le réconfort de l’autre et se ressourcer sans que personne ne puisse trahir ce moment. De très beaux arpèges de guitare et un refrain imparable en font un morceau superbe teinté de subtiles émotions.

Quelques amis sont bien sûr venus aider Jack Name sur Magic Touch comme Chris Brown et son jeu délicat à la batterie sur Dudette, Kenny Gilmore et Will Canzoneri au piano électrique et au clavinet. La voix fragile et innocente d’Izella Berman sur Empty Nights accentue l’impression de solitude décrite dans la chanson et sur le génialissime Do You Know Ida No ? le duo forme une très belle interaction.

« A chaque fois que je me sens perdu, ou que les choses sont hors de contrôle, je peux toujours revenir à la musique. La musique me ramène à la vie » se confie Jack Name. Dans ces temps tourmentés, c’est exactement l’effet que procure ce disque, un bien être salutaire et nécessaire. Un disque beau et sensible et encore une belle surprise en cette fin d’année !

Mexican Summer

Crédit Photo : Logan White

Discographie :

Magic Touch (2020)

Weird Moons (2015)

Light Show (2014)

Pour écouter l’album :

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