Josephine Foster – No Harm Done

Josephine Foster revient avec un nouvel album, No Harm Done : huit ballades teintées de country folk à la douce saveur d’une fin d’été.

Sortie le 20 novembre

Josephine Foster est une artiste à part : inclassable et intemporelle, elle nous a offert en vingt ans de carrière une discographie foisonnante, parfois difficile d’accès. Pourtant, au milieu de ce dédale musical, certains albums se révèlent plus évidents à approcher, on se souviendra de The Dreamer en 2013, merveille absolue, qui fut aussi ma porte d’entrée dans son univers atypique et onirique. Il semblerait que ce nouvel opus, No Harm Done, sorti chez Fire Records, soit de cette trempe.

Originaire du Colorado, Josephine Foster vit en Espagne mais c’est à Nashville qu’elle a composé au printemps dernier les morceaux de No Harm Done, en compagnie du guitariste Matthew Schneider et d’Andrija Tokic pour le mixage, au studio Bomb Shelter.  Ce qui frappe de prime abord chez Josephine, c’est son timbre de voix reconnaissable entre mille : une vibration énigmatique qui semble tout droit venue du ciel.

Une grande maîtrise vocale qui ne doit rien au hasard puisqu’adolescente, elle chantait dans des mariages et des enterrements et se destinait à une carrière dans l’opéra. Mais la découverte de la musique de Tin Pan Alley – un mélange de ragtime, de jazz, de blues, d’opérettes d’influence européenne qui a vu le jour aux États-Unis à la fin du XIXème siècle – ainsi que du folk britannique, l’a définitivement orientée vers la composition musicale.

Ses différentes inspirations la conduisent aujourd’hui à Nashville, berceau de la country et nous invitent à pousser les portes du saloon pour la découvrir dans un registre hybride aux couleurs blues country folk. Dans la fraîcheur printanière, Josephine déroule ses douces mélopées au creux desquelles il est bon de se laisser happer, comme hors du temps.

Huit morceaux en forme de lettre d’amour distillant : la langueur d’un piano acoustique sur le titre d’ouverture, Freemason Drag ; le jeu de pedal-steel de Matthew Schneider (The Wheel of Fortune, Love Letter…) ; les harmonies féériques d’une guitare 12 cordes et d’une autoharpe sur Conjugal Bliss ; le minimalisme d’une guitare acoustique sur Sure Am Devilish s’étirant en arpèges sur Leonine, splendeur contemplative légèrement dissonante… et l’impression de finir la soirée autour d’un feu de camp, avec How Come, Honeycomb? sonnant comme un vieux blues.

Josephine Foster nous conte des histoires simples qui deviennent aussi les nôtres et conclue en beauté un album sublime avec le vibrant  Old Saw qui semble parler à nos âmes.

Alors, No Harm Done, tout est dans le titre : Josephine Foster ne nous veut que du bien et en ces temps difficiles, il serait dommage de ne pas céder à cet ailleurs réconfortant !  

Fire Records

Crédit photo : Matthew Schneider

Discographie sélective :
No Harm Done (2020)
Faithful Fairy Harmony (2018)
I’m A Dreamer (2013)
Graphic As A Star (2009)
A Wolf in Sheep’s Clothing (2006)
All The Leaves Are Gone (2004)
Little Life (2001)

Pour écouter l’album :

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