Friday

Pour ma première contribution dans cette rubrique, j’ai immédiatement pensé au titre The Jean Genie, rien d’étonnant pour ce qui reste l’une des pièces les plus populaires de David Bowie. Mais c’est surtout un de mes morceaux favoris : la guitare démoniaque de Ronson provoquant en moi une irrésistible envie de sauter partout !

The Jean Genie a été enregistré en octobre 1972 lors de la tournée américaine, le Ziggy Stardust Tour, et est directement inspiré d’un riff de Bo Diddley, sur la reprise des Yardbirds, I’m a man. Un single en forme de transition qui voit le personnage de Ziggy Stardust muter progressivement en Aladdin Sane, un jeu de mots avec « a lad insane » : Bowie devient ce gars un peu cinglé qui transforme ses nouvelles influences en un son électrique beaucoup plus hargneux. L’histoire raconte que le titre de la chanson vient de l’auteur Jean Genet qui fascine Bowie (grand lecteur à ses heures) pour ses penchants homosexuels. Quant au côté outrancier du personnage, c’est du côté d’Iggy Pop qu’il faut chercher : He’s outrageous, he screams and he bawls / Il est scandaleux, il crie et il braille. Mais au-delà de l’imagerie, le son de guitare, à l’esthétique boogie, voit Mick Ronson flirter avec le glam rock de T. Rex et les arrangements de tambourin et d’harmonica évoquent les premiers albums des Rolling Stones (je pense beaucoup à Exile on Main Street), un savant mélange qui dépasse largement les influences.

Le single sort d’abord aux États-Unis en octobre 1972, mais c’est en Angleterre qu’il connaît un véritable succès le mois suivant : il se classe N°2 des charts et reste treize semaines dans le top 40. Et pour le plaisir, le clip de Mick Rock à visionner avec un Bowie au look résolument punk rock, avant l’heure, quelque part entre la scène, le studio et les rues de San Francisco !  

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