Sam Burton – I Can Go With You

Exception faite de deux cassettes auto produites, Sam Burton vient de sortir son premier véritable album. I Can Go With You permet de découvrir son talent qui devrait lui permettre de se hisser rapidement au niveau des grands du monde de la folk !

Etabli depuis peu à Los Angeles, Sam Burton vient de signer un contrat avec le prestigieux label Tompkins Square. Inutile de cacher ses influences allant de Tim Buckley, en passant par Fred Neil, Tim Hardin ou encore Nick Drake, tous ces princes de la folk à la sensibilité à fleur de peau.

I Can Go With You aurait pu sortir aisément en 1966 ou en 1970 aussi bien de part son orchestration riche en instruments acoustiques que de la voix de Sam Burton aux intonations chaudes et touchantes, réminiscentes de ces chanteurs de l’époque. Seule la production de Jarvis Taveniere (Purple Mountains, Allah-Lahs, Real Estate) ramène l’auditeur à des sonorités plus contemporaines.

Dès les premières notes de Nothing Touches Me, avec la seconde voix de Kacey Johansing en arrière plan et un délicieux solo de guitare slide par Shane Renfro pour clore le morceau, on a vraiment l’impression de traverser les Etats-Unis au volant d’un cabriolet, d’écouter une vieille radio et la sensation de baigner dans une quiétude où plus rien ne peut nous atteindre.

I Can Go With You possède des ressemblances avec le Dolphins de Fred Neil mais Sam Burton emmène le morceau vers quelques terres plus personnelles. Why Should You Take Me There, quant à lui, et son beau refrain, renvoie à Roy Orbison et Further From The Known s’avère être une délicieuse ballade country douce et amère. Les magnifiques arrangements de cordes de I Am No Moon réalisés par Eliza Bagg rivalisent avec la période Bryter Layter du grand Nick Drake !

La guitare acoustique et le chant de Sam Burton sur Wave Goodbye dégagent un sentiment me paraissant proche de l’univers des premiers albums de Tim Buckley. Comment ne pas fondre sur le final de Can It Carry Me et son magnifique phrasé de Wurlitzer ? L’album se clôt en forme d’adieu avec Tomorrow Is An Ending, petite ballade où l’on peut voit surgir le fantôme de George Harrison.

Du début à la fin, I Can Go With You est très homogène, Sam Burton distille un ton juste et sincère et son jeu n’est jamais trop roots pour permettre aux non initiés de pouvoir s’y glisser en toute sérénité. Comme Jessica Pratt en 2019, c’est l’une des révélations folk de cette année : Puisse ce disque vous réchauffer le cœur pour les longues soirées d’hiver !

Tompkins Square Records

Discographie :

I Can Go With You (2020)

Pour écouter l’album :

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