Strawberry Seas – Strawberry Seas

Le premier album des Strawberry Seas a fait le double pari de la liberté et de la diversité.
Ses couleurs bigarrées sont celles des vastes espaces de l’indie pop anglo-saxonne.

Strawberry Seas. Un fruit et de l’eau. Un programme sucré et léger. Léger car il est difficile de situer Strawberry Seas dans le temps et l’espace. Leur musique virevolte dans un mouvement naturel comme un électron libre, sans se préoccuper de l’air du temps ni du qu’en-dira-t-on. Elle affiche une décontraction juvénile doublée de la dose de maturité suffisante pour avoir digéré la somme de ses influences. Sucré car il n’est pas question que ce disque nous mette au pain sec et à l’eau. Prenez une abeille, laissez-la butiner les plus jolies fleurs, il en ressortira le meilleur miel.

Le groupe est né à Tours, dans le salon de Raphaël et Carine qui composaient à deux. De ce format intimiste est sorti un premier EP. Fin 2017, ils ont décidé de donner plus de vie à leurs chansons en les testant sur scène, accompagnés d’un batteur (Romain) et d’un bassiste (Clément). Puis Antoine Chaperon (Grisbi, Moonjellies, The Apartments) leur a proposé de produire leur disque et les a rejoints en tant que guitariste. Le premier album des Strawberry Seas évoque des paysages anglo-saxons avec une inclination pour les grands espaces de l’indie pop rock américaine.

Pour l’écriture des paroles, Raphaël (guitariste et chanteur, dont la voix sensuelle est aussi à l’aise dans les aigus que dans les graves) et Carine (claviers et backing vocals) partent de quelques mots qu’ils choisissent pour leur sonorité, puis les extrapolent jusqu’à obtenir un texte qui a du sens. Les errements existentiels, les rêveries, le passage à l’âge adulte sont des thèmes centraux. Les questionnements sans fin qui conduisent à la confusion sont au cœur de Trampoline qui ouvre l’album. Les paroles débutent par un clin d’œil au Velvet Underground auquel le morceau emprunte son côté noisy et sa fin instrumentale qui s’accélère.

Les cinq membres du groupe assument leurs influences diversifiées et les revendiquent. L’ombre des Pixies qui ont bercé leur adolescence plane sur Teenage Freak ainsi que sur Lazy girl, le premier et tubesque single sorti au printemps dernier.

La pop onirique de Grandaddy s’invite sur la mélodie douce et les claviers de Anyone. Puis c’est au Canada que nous emmène Sofa, dont la voix traînante et le rythme langoureux nous rappellent le Mac Demarco de Salad Days. Le quintette recourt volontiers au terme « slacker » pour décrire sa musique, ce genre faussement fainéant hérité des années 90’s. D’ailleurs, Pavement, un des meilleurs porte-parole de cette low-fi nonchalante est le groupe qui fait l’unanimité parmi les Tourangeaux.

Les Strawberry Seas refusent d’être enfermés dans des codes. Une volonté de rester libre qui s’est illustrée également avec l’enregistrement du disque. Ce dernier s’est déroulé de façon spontanée, en deux week-ends à peine. Un enregistrement essentiellement « live » dans le but de restituer le plus fidèlement possible l’esprit de leur musique. L’album est sorti le 2 octobre dernier sur le label parisien December Square (Orouni, Matthew Edwards, Emily Loizeau…). Le résultat est un patchwork de 13 chansons aux couleurs bigarrées, un son clair et vivant, le tout sublimé par des arrangements discrets et élégants.

December Square / DifferAnt

Crédit photo : Strawberry Seas (avec un trépied).

Discographie

Strawberry Seas (octobre 2020)

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