Working Men’s Club – Working Men’s Club

Sortie le 02 octobre.

Sensation de cette fin d’année, les 4 petits jeunes de Working Men’s Club réussissent avec brio l’exercice du premier album !

Dans le sillage des locomotives Fontaines D.C., Idles et autres Shame, le rock britannique a drôlement relevé la tête depuis quelques années et déverse son flot continu de jeunes groupes énervés et talentueux.

Dans une veine plus électro, les plus hot du moment s’intitulent Working Men’s Club, originaires de Todmorden, petite ville située à quelques encablures de Manchester et Sheffield, et dont le nom vient de ces clubs sociaux anglais du 19ème siècle, chargés de donner quelques moments de détente aux ouvriers, particulièrement dans le nord du pays.

Autour du charismatique leader Sydney Minsky-Sargeant, tout juste 19 ans, chanteur et guitariste survolté, le groupe se compose aujourd’hui de Liam Ogburn, de Rob Graham en provenance de Drenge et de Mairead O’Connor, déjà croisée du côté des Moonlandingz et The Darjeelings.

Tout va très vite, en effet, pour Working Men’s Club, le groupe n’a qu’un seul album et quelques singles au compteur qu’il a déjà vu la moitié de son line-up d’origine abandonner le navire, très contrariée du changement de direction musicale prise par Sydney.

Si, en effet, leur tout premier single, Bad Blood, sorti en 2019 et absent de l’album, donnait dans un post-punk tendu, porté par une monstrueuse basse, la suite se fait plus électro avec le single Teeth et dérive vers une New Wave synthétique.

Ainsi en quelques semaines à peine et deux chansons, Working Men’s Club condense Joy Division et New Order !

Leur album a le charme des premiers disques d’un groupe cherchant à retranscrire sur pistes la rage déversée sur scène et se voulant les témoins révoltés d’une époque troublée .

L’influence de New Order se révèle particulièrement flagrante sur Valleys, petite bombe synthpop, en ouverture du disque. Elle continuera tout le long d’un album sur lequel les synthétiseurs réussissent à prendre le dessus sur les guitares pourtant bien survoltées !

Toujours du côté de Manchester, les vocaux exaltés ou les textes sanglants évoqueront l’immense The Fall. La production de l’album a d’ailleurs été confiée à Ross Orton (The Fall mais aussi MIA et Arctic Monkeys).

Working Men’s Club ne relâche jamais la pression, à coup de lignes de basse surpuissantes, même si le quatuor sait de temps en temps ralentir le tempo comme sur le joli White Rooms and People ou le planant Outside.

Le groupe alterne entre électro (John Cooper Clarke) et post punk (Be My Guest), pour un album hautement addictif et diablement efficace, l’imparable Teeth en tête.

Taillées pour la scène à l’instar du final Angel et ses 12 minutes de montagnes russes, les compositions de Working Men’s Club se dégusteront avec excès en concert, une fois cette période interminable définitivement derrière nous. D’ici là, apprécions cet excellent premier album !

Heavenly Records/PIAS

Crédit photos : Rowan Allen

Discographie

Working Men’s Club (2020)

Pour écouter l’album :

Spotify :

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