Crack Cloud–Pain Olympics

Sortie le 17 juillet.

L’un des meilleurs albums sorti pendant cet étrange été nous vient du Canada livré par une joyeuse bande de doux-dingues. Retour donc sur Pain Olympics du collectif Crack Cloud.

Révélation de la Route Du Rock l’été dernier, Crack Cloud s’est formé autour de son leader Zach Coy et nous a précédemment proposé 2 forts recommandables EP, Crack Cloud en 2016 et Anchoring Point en 2017. Malgré une énergie post-punk de tous les instants, le collectif basé à Vancouver, très actif dans les milieux associatifs canadiens semble prendre tout son temps pour dévoiler ses compositions. L’album relativement court (même pas 30 minutes) a ainsi lui-même été enregistré sur une période assez longue entre juillet 2017 et décembre 2019.

On vous épargnera la liste complète des collaborateurs de Crack Cloud, on leur souhaite juste bon courage pour la distanciation sociale ! Autour d’un noyau dur de 9 musiciens, une dizaine d’amis viennent donner un coup de main, ici avec une trompette, là, pour faire les chœurs. Le groupe est à l’image de sa musique : un joyeux foutoir parfaitement organisé.

Pain Olympics fourmille de milles idées à la seconde. Le groupe semble prendre un malin plaisir à destructurer ses chansons, sans perdre le fil de la mélodie et trouve ainsi le parfait équilibre entre post-punk enflammé et No-wave expérimentale.

Si l’album sonne résolument moderne et bien dans l’air du temps, on ira chercher les influences du groupe dans la fin des 70’s ou le début des 80’s, la folie de Devo, la rigueur martiale de Gang Of Four, l’inventivité de Talking Heads…Crack Cloud malaxe le tout, va chercher quelques inspirations du côté du hip-hop (Favour Your Fortune) voire même du jazz et remet du collectif dans notre monde terriblement individualisé.

Le génial Ouster Stew, sorti en single en mai dernier, synthétise parfaitement les qualités du groupe, rythmique groovy implacable, synthés vintage, voix rageuses et un petit break au milieu pour larguer l’auditeur, le tout en 2 minutes top chrono !

L’enchaînement avec le diabolique Tunnel Vision finit de nous achever. Si vous ne finissez pas en sueur, un sourire idiot sur le visage, consultez de toute urgence !

Ce sont 2 exemples parmi d’autres de l’excellence de Pain OlympicsBastard Basket ralentit le tempo, le saxo nous plonge dans une profonde noirceur, alors que le superbe Somethings Gotta Give nous regonfle d’espoir et reprend la lutte. Crack Cloud part dans tous les sens, au risque de nous perdre, avant de nous rattraper de justesse pour nous faire danser et réfléchir.

Pain Olympics est une tuerie, osez vous laisser embarquer dans les méandres hypnotiques du collectif canadien !

Meat Machine/Bigwax

Crédit Photos : Jennilee Marigomen

Discographie

Anchoring Point EP (2017)

Crack Cloud EP (2016)

Pour écouter l’album :

Bandcamp

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